Préparer sa laine

Lorsque vous voulez teindre de la laine, la toute première opération à réaliser va être sa préparation . En teinture chimique il faut savoir que le terme « mordancage » est un abus de langage venant de la teinture végétale qui elle utilise des mordants (des sels métalliques).

Avant toutes choses, il est important de se laver les mains. Au delà du fait qu’en cours de journée vous puissiez vous être un peu sali les mains, le corps humain produit naturellement du sébum (film lipidique produit par les glandes sébacées de la peau).  Si celui ci se dépose sur la fibre il graisse le brin et provoquera alors des irrégularités dans le rendu final de votre couleur.

Quand nous recevez votre laine, elle est généralement attachée en deux à trois points : un nœud liant le début à la fin de l’écheveau ainsi qu’un (voire deux) liens placés afin de maintenir les brins ensemble, évitant qu’ils se dispersent et que des nœuds se créent. Ces liens sont des brins de laine. Teint en l’état, cela pose un problème car les liens vont absorber la teinture, et vous allez obtenir  une zone plus claire (dans le meilleur des cas, sinon la zone pourra également être blanche). Afin d’éviter cela, vous devez desserrer le nœud de raccord afin que l’eau circule librement entre les brins de votre écheveau, couper le second lien (et troisième lien s’il y a), puis le(s) remplacer soit par une ficelle alimentaire soit par un Colson qui eux n’absorberont pas la teinture.

Votre fibre ainsi préparée, il va ensuite falloir la faire tremper étape indispensable de la teinture. Cela consiste en l’adjonction d’un acide au bain de lavage initial afin d’obtenir une solution 0 4.5 de PH dans laquelle vous allez plonger votre laine et la faire tremper, à environ 35/38 degrés. Lorsque vous immergez votre laine, pensez à la presser délicatement afin qu’elle se gorge d’eau: vous verrez alors des bulles remonter à la surface ( ça « bloops bloops bloops« ). Certaines teinturières utilisent du produit vaisselle en tant que surfactant (non pas pour laver les fibres mais pour contraindre l’eau à pénétrer la laine plus rapidement) à cela je préfère presser la laine lors de l’immersion et laisser l’ouverture des écailles s’effectuer. En règle générale je laisse tremper jusqu’à ce que la fibre soit saturée en eau plus une petite vingtaine de minutes afin de laisser le temps à l’acide acétique de faire son effet. Vous pouvez vérifier cela en pressant à nouveau votre laine dans l’eau: si aucune bulle d’air ne remonte à la surface. Il est intéressant de noter que certaines fibres telles que l’alpaga et le mohair nécessitent toutefois un temps de trempage plus long. Il n’y a -a priori- aucune incidence sur un temps de trempage plus long (de quelques heures à une journée).

S’il s’agit de teinture tinctoriale des sels métalliques seront utilisés avec une méthode différente afin de créer un pont entre les végétaux et la fibre (à noter que certains végétaux sont mordants).  D’un point de vue purement chimique, les teintures végétales n’ont rien à envier aux teinture acides compte tenu de la nature des sels utilisés (ions métalliques); ce sujet sera abordé dans un article ultérieur. Nous n’aborderons dans celui ci  que la teinture chimique dite « teinture acide ».

Cette préparation est indispensable pour plusieurs raisons: la laine doit se gorger d’eau AVANT le bain de teinture, les écailles de la fibre doivent pouvoir s’ouvrir, et la fibre en elle même doit pouvoir recevoir les pigments. L’adjonction d’acide permet également de débarrasser la laine des graisses telles que le suint, mais aussi d’antistatiques qu’elle peut contenir  qui empêchent une absorption optimale et régulière de la couleur.

Concernant le choix de l’acide utilisé, il en va de la préférence de chacun. L’action chimique est exactement la même, deux critères rentrent donc en ligne de compte: le prix, les vapeurs et l’odeur. L’acide citrique étant inodore et plus économique, je le préfère au vinaigre dont les vapeurs sont franchement désagréables au cours de la cuisson.

Afin de limiter le gaspillage d’eau, j’utilise un bac que je remplis. Cela permet de ré utiliser autant de fois que nécessaire dans la journée (ou les quelques jours qui suivent) le bain de mordançage. Lorsque la quantité d’eau est trop faible, il suffit de compléter le bac.

En fin de cession de teinture, le même bain pourra être utilisé en bain de rinçage, limitant là encore l’utilisation déraisonnable de l’eau.

1 réflexion sur “Préparer sa laine”

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