La Boîte à Laine (et ce n’était pas joli joli…)

J’ai longuement réfléchi avant de pondre cet article parce que cette expérience n’était vraiment pas sympa. Pas sympa du tout même. (L’expérience date de 2015)

Alors, pas de photos de ladite mercerie, pas de « lolilol ».Rien. Rien que mon expérience. Ce n’est pas drôle, et cela ne mérite absolument pas d’en rire.

Il y a un sacré moment, alors que j’étais à la recherche de tricot thé à Tours, j’ai fini par trouver cette boutique ici qui organisait un « cours – tricot thé payant » . Le site internet est vieillot, mais je passe outre cela.

A l’époque je ne savais pas comment monter les chaussettes (et pour être tout à fait honnête je n’avais pas cherché bien loin), je m’étais donc dit « cours/tricot thé? Pourquoi pas. Ça te fera une occasion de rencontrer d’autres tricoteuses à Tours » et j’ai donc réservé  ma place, me suis rendue à ladite mercerie pour 2hoo que je pensais être sympathique.  Il n’en fut rien.

Petite introduction: nous sommes 6 (la pseudo prof, la patronne et 3 autres tricoteuses). De ce que j’avais compris, chacune venait avec son projet et se faisait aider pendant ces deux heures. Soit. J’étais donc venue avec ma laine et mes aiguilles à chaussettes ainsi que mon cardigan à avancer   « au cas où ». (« Au cas où » quoi, je n’en savais rien, mais l’expérience à montré que bien m’en avait pris). Quand je suis arrivée, j’ai compris que les personnes présentes se connaissaient déjà bien, et que moi j’arrivais la dedans comme un OVNI que l’on examina curieusement avec son bébé blottie dans sa jpmbb. Rapidement, j’ai compris que ce n’était pas ici que j’allais me faire des copines de tricot dans ma ville.

Le temps que la pseudo prof s’occupe de Marie Jacqueline, Monique et Antoinette (les prénoms ont a peine été changés !! ) pour finalement faire mine de s’intéresser à ce qui m’amenait… une bonne heure s’était écoulée. Là, tu comprends pourquoi j’ai eu bien fait d’amener ledit cardigan, ça m’a évité de regarder les autres en chien de faïence en attendant que quelqu’un daigne s’occuper de mes chaussettes et moi ! Ça c’était sans compter sur le fait que « non les chaussettes ça allait prendre trop de temps, donc qu’elle allait juste me montrer comment monter les mailles ». Déception, première du nom: j’ai payé 30 balles (de mémoire) pour hum… monter des mailles? Un poil dépitée, je pose des questions sur d’autres techniques de relevage de mailles et diverses choses qui me venait à l’esprit sur le moment, mais mes questions furent éconduites les unes après les autres car il fallait s’occuper de tricoter le pull de Marie Jacqueline qui n’y voit plus très clair, puis du jacquard d’Antoinette ect ect ect… La pseudo prof n’est pas plus « prof » que toi ou moi: elle vient tricoter avec vous, mais ne l’emmerdez pas trop avec vos questions non plus parce qu’elle n’a sensiblement de temps à accorder qu’aux personnes qu’elle connait de longue date.

La pseudo prof toujours, qui nous regarde bizarrement moi et mes aiguilles circulaires, la patronne qui te soutien que non Hiya Hiya n’est pas connu, les femmes qui parlent comme si tu n’étais pas là, ça ce n’est que la mise en bouche. Lorsque j’ai commencé à cerner le troupeau au milieu duquel j’ai attéri, j’ai parlé de Stephen West à peu près certaine que j’allais jeter un froid (mais m’amuser un peu quand même). Personne ne savait qui il est, je suis donc allée sur instagram et sur son site leur montrer des images. « Mais que c’est moche !! Mais qu’est ce que c’est que cette folle du tricot ? » j’en passe et des meilleures, les commentaires délétères vont bon train. J’ai poliment et fermement répondu que la « folle du tricot » est mondialement (re)connue, gagne sa vie confortablement, et que soyons honnêtes: lui n’est pas installé dans une petite mercerie Tourangelle dont seul une poignée de clientes connaissent le nom. »

*PAN* Acte 1: silence. Imo: EPIC WIN.

Acte 2 (La soupe aux fèves): La fermeture d’esprit la plus totale à laquelle j’ai été confrontée a été plutôt terrible: je vais schématiser cela sans mâcher mes mots par « j’ai rencontré une bandes de harpies ouvertement xénophobes, racistes, suprématistes et homophobes ». Cela vous est déjà arrivé de vous retrouver entourer de personnes dont les convictions sont diamétralement opposées aux vôtres ? Je ne serai plus capable de dire à quel moment la discussion a pris un mauvais chemin, ni à quel moment j’ai mis les pieds dans le plat, mais je vous assure que ce n’était pas marrant.

Tout y est passé:

– « Ces étrangers qui pillent la France » (Pardon ?!! On  en parle du fait que « ces étrangers » font le boulot que nos bons français ne veulent pas faire ?!).

– « J’ai vu un reportage ou des français accueillent chez eux des sans papiers. Moi pour rien au monde je ne laisserai ces vauriens rentrer chez moi » .

-« Ce n’est quand même pas normal ces gens du même sexe qui veulent leurs enfants, ça ne contribue qu’à créer des dégénérés » (Dégénérés ? Parce que tu te trouves droite dans tes bottes toi de tenir des propos pareils peut être ?!!).

-« Ces gens sont contre nature, et certains osent se dire catholiques, en plus ils sont tous infidèles » (Parce que « ton » Dieu ne te parle pas de respect, de tolérance , de paillettes et de licorne ?  ).

La liste n’est pas exhaustive, et je ne peux pas vous retranscrire avec une exacte précision les propos tenus ce jour là car cela s’est produit il y a longtemps. Néanmoins l’idée est là, le ton  identique. A chaque idée de ce genre, je répondais du tac au tac avec une contre idée d’ouverture, de tolérance. Sèchement, certes, mais il y a des limites à ne pas dépasser. Hors, les miennes cet après midi là on été largement outre passées.  J’ai passé un sale moment, tenu vingt minutes le temps de remettre tout le monde à sa place et je suis partie.

Outrée. Je suis outrée qu’une mercière, et la pseudo prof qu’elle convie puissent participer à ce types de propos publiquement. Doit on rappeler que l’homophobie et la xénophobie sont passibles d’amende? (Puisque côté ouverture d’esprit, c’est peine perdue…)

En début d’après midi, j’avais laissé mon adresse mail car les participantes sont en temps normal régulièrement informées de ces après midi de sorte qu’elles puissent réserver et payer leur venue. Bien évidement je ne fut jamais conviée à nouveau, et j’en suis fort aise. Je ne soutiens pas ce type de personnes, pignon sur rue ou pas.

Par ailleurs il a récemment été mis en lumière le fait que certaines merceries Françaises aurait  recours à quelques pratiques peu scrupuleuses concernant une vente assez officieuse de patrons de designers indépendants. N’ayant pas été moi même témoin direct de cela je ne peux en faire état avec certitude.  En revanche, je me contenterai de profiter de cet article afin de rappeler que  le travail des merceries est aussi de soutenir celui des petits créateurs.

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